Laemia Succube

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 | Sujet: [BG]Lomithiewiel Erinei (perso secondaire) Mar 17 Juin - 21:40 | |
| Je m’appelle Lomithiewiel Erinei, un beau nom n’est-ce pas ? Si vous saviez combien il est important pour moi de le prononcer, de le porter. C’est le symbole de ma liberté retrouvée, du fait que je suis quelqu’un et plus une esclave, un jouet entre les mains des drows. Quelqu’un, une personne, une elfe ordinaire et peut-être un peu plus. Car ma Dame m’a choisie pour la représenter. Ma dame c’est Eilistraé ; la vierge noire, la dame de la danse, fille de Corellon et d’Araushnée (aujourd’hui Lolth) qui refusa le pardon de son père pour sa participation involontaire à la guerre menée par sa mère contre la Seldarine pour offrir l’espoir à ceux de notre peuple que l’araignée avait entraînés dans ses sombres filets. Tout cela c’est elle-même qui me l’a révélé à travers mes rêves quand je naviguais dans les limbes de l’inconscience. Mais j’y reviendrais plus tard.
Je suis née en captivité dans la cité drow de Cyr’lisxyn. Ne me demandez pas ou elle se situe, je ne serais le dire, et ce n’est pas bien important pour la suite de l’histoire. Je n’ai pas connu mon père mais j’ai eu la chance de passer mes premières années près de ma mère. Celle-ci était si docile qu’on lui avait permis de me garder, pas par bonté bien sur, mais parceque sa résignation apparente devait m’être un exemple et tuer en moi toute velléité de rébellion avant même qu’elle ne naisse. Quelle erreur !
Tant que j’ai été près d’elle, je n’avais pas compris pourquoi ma mère risquait nos deux vies pour franchir un tabou que je jugeais peu important en m’apprenant notre langue et celle des humains et en me racontant des histoires sur la surface et les beautés dont elle était emplie alors qu’elle acceptait sans broncher les coups les humiliations et les viols dont elle était victimes et qui faisaient bouillir mon sang de colère impuissante. Ce n’est qu’après notre séparation que je compris qu’elle sacrifiait ainsi son corps pour préserver son esprit et m’offrir le mien. Plaçant sa liberté d’être dans un sanctuaire qu’aucun de nos tortionnaires ne pourrait jamais atteindre, ses propres souvenirs.
Dés que je fus capable d’accomplir ma part de corvées je fus offerte comme esclave au temple de la ville avec un certain nombre d’autres jeunes esclaves choisies pour leur beauté et cédées par les différentes familles pour s’attirer les faveurs des prêtresses du culte. Les premières nuits je pleurais beaucoup, puis peu à peu je commençais à m’intéresser à mes compagnons d’infortune. La plupart, très jeunes comme moi, voir plus encore étaient tout aussi effrayés et perdus, quelques-uns uns, très peu, jouaient les durs une fois les portes de notre prison refermées mais comme les autres ils baissaient la tête dés le retour des drows. La première fois que je repris d’une voix tremblante une des histoires de ma mère ce fut pour calmer une des plus jeunes qui avait été férocement battue un peu plus tôt et que la douleur et la peur rendaient hystérique. Je parlais bas, pour ne pas être entendue de nos gardiens, et petit à petit, tous les autres vinrent s’installer en cercle autour de nous. Quand j’eus fini, la jeune fille s’était endormie et chacun alla se reposer dans un calme différent de celui généré par la peur que nous observions habituellement. Moi-même, pour la première fois depuis que je n’étais plus avec ma mère je me sentais apaisée. A partir ce jour et jusqu’à ce que je les quitte, je racontais chaque soir ne nouvelle histoire ou bien leur donnais des leçons des langues que j’avais apprises. A aucun moment je ne fus dénoncée comme ça arrivait souvent en échange d’une maigre faveur, cela montre bien à quel point ces moments nous apaisaient tous.
Comme ma mère dès lors, je me pliais à mes corvées et aux humiliations constantes qui les accompagnaient avec un calme qui créait une illusion de résignation, et souvent, je calmais ceux de mes pairs que la colère envahissaient. Et le soir je créais pour nous un monde enchanté de couleur et de ciel sans limite ou nos chaînes tombaient. Ces quelques instants de rêverie nous rendaient plus forts et j’espère que quelqu’un aura prit ma suite depuis.
Malgré tout il vint un jour une épreuve différente, et bien qu’échaudée par celles de ma mère ou de certaines de mes compagnes je savais qu’elle finirait par m’arrivée je ne pu m’y résoudre. En fin d’après midi, un mâle drow me coinça dans une des réserves du temple pour me violer. D’abord, fidèle à mes manières d’apathie, je commençais par n’émettre aucune résistance mais lorsque ses mains entrèrent en contact avec ma peau , un frisson de répulsion me parcouru et avant même que j’ai imaginé mon geste, je m’emparais de la dague qu’il portait à la ceinture et lui enfonçais dans le cœur. Horrifiée par mon propre geste, je m’élançais vers notre dortoir et me roulais en boule sur ma paillasse.
Le corps fut vite retrouvé et la coupable aussi, même si j’avais eu l’intention de me cacher, le sang su mes hardes m’aurait perdue. Je bénéficiais toutefois d’une clémence partielle pour mon acte. En effet, il fut décidé que ce male avait mérité son sort pour avoir voulu s’encanailler avec un être inférieur (ne vous y trompez pas, ça arrivait souvent et les matrones le savaient, mais la règles était de ne pas se faire prendre et celui-ci y avait déroger) et pour avoir été assez faible pour se faire tuer par se même être. Au lieu donc de mourir sous la torture, il fut décidé que j’affronterais en arène pour le plaisir des drows et de Lolth une créature choisie par la prêtresse principale armée de la dague même qui m’avait permis de tuer mon tortionnaire.
La créature choisie fut une de ces bêtes sans noms qui rodent dans les profondeurs de l’outreterre et que parfois les drows capturent pour leur divertissement. J’entrais dans l’arène la première et balayais du regard le parterre de ces êtres d’une grande beauté corporelle gâchée toujours par la noirceur de leur esprit. En cet instant alors même que j’étais persuadée que j’allais mourir pour leur plaisir perverti, j’éprouvais de la pitié pour ces êtres si bien fournis par la nature mais qui s’aveuglaient de leur propres ténèbres. Je me sentie bien supérieure à eux moi qui jusque là n’avait été qu’une esclave sans autre rêves que les souvenirs de ma mère. Je pris conscience à cet instant qui pourtant ne dura que quelques secondes de l’importance du don qu’elle m’avait fait. J’avais l’impression de me réveiller d’un long cauchemar.
Dans le cachot ou j’avais passé mes dernières heures de vie (du moins était-ce ce que j’imaginais) j’avais longuement réfléchi à la conduite que j’aurais face à mon adversaire. Je me demandais si je devais rester statique et me laisser déchiqueter sans un cri comme faisaient souvent ceux qui étaient jetés dans l’arène peu après leur arrivée dans la cité, ou au contraire me battre jusqu’au dernier instant. J’avais passé en revu tous les arguments défendant chacune des deux réactions, mais n’était pas parvenue à faire mon choix. Je ne le fis jamais consciemment je crois. Comme face à mon agresseur, je réagis simplement quand la bête se jeta sur moi. Je roulais sur le coté en tentant de la frapper. Le reste du combat est flou dans ma mémoire. Je me rappelle des éclairs de fourrure fauve, des griffes argentées puis teintés de rouge.. le sang qui coulait…
Lorsque je sortis de mon long coma, on m’a dit que j’avais réussit in extrémis à planter ma dague dans le cœur de la bête avant qu’elle ne m’égorge. Je ne m’en souviens pas. Tout ce qui m’apparaît quand je tente de me concentrer sur cette instant c’est un éclat de lumière argentée si vif que j’ai cru que la voûte s’était ouverte et d’une voix qui me murmure : « ce n’est pas ton heure. » Et des rêves qui ont suivis ma plongée dans les ténèbres de l’inconscience. |
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