Kururo DM / Admin


   Age : 54 Inscrit le : 26 Mar 2006 Messages : 817 Feuille de personnage Perso: Kururo
| Sujet: Kururo Dim 26 Mar - 21:40 | |
| "J’ai toujours été là. Et je vois.
Jadis je portais un nom, mais aujourd’hui, je l’ai oublié. C’est sans doute le triste sort de ceux qui passent des années, voire des décennies dans le silence, sans la compagnie d’un seul semblable, si l’on peut employer ce terme. Une vie de solitude dans les forets des montagnes d'orient...
Jadis, j’étais un homme moi aussi. Un homme d’honneur. Un chef de file. Je projetais une large ombre sur la lumière éblouissante du soleil brûlant, mon corps ceint dans le fer et l’acier, mon esprit baigné de fierté, la silhouette d’un lotus gravée dans mon pectoral d’argent. J’étais considéré par tous comme un dieu vivant, et c’est ainsi que je me voyais. Après un certain temps. Pendant un certain temps...
Jadis je croyais, j’écoutais et j’obéissais. On m’avait dit que j’étais un guerrier un soldat de la vérité et de l’ordre, et je le croyais. Je voyais les faibles fuir devant moi et je pensais qu’ils craignaient ma droiture. Et je croyais et ils obéissaient ou mouraient. Je me disais que ce n’était que justice...
Puis l’on me donna une nouvelle directive… Ah, c’était il y a longtemps, très longtemps, de l’histoire ancienne pourrait-on dire. Pour être honnête, je revois ces jours comme à travers un brouillard, le même que selui qui règne sur le champ de bataille aprés le combat. Les détails s’estompent avec la distance. Seule la Vérité reste, intacte. M’accusant, m’accusant sans cesse...
Nous faisons tous des choix et devons en assumer les conséquences. Je crois que c’est Xeno, mon maître qui disait cela. Un archer exceptionnel, maître d'un archer d'exception, capable de controler ses flèches, non pas des flèches... des oiseaux de proie, des oiseaux de justice, des oiseaux semant la mort et la destruction...
En ce qui concerne mes propres choix, je me suis d’abord battu pour les honorer… et puis, quand le temps est venu, je disparus pour vivre ma déchéance dans un exil que je m’étais moi-même imposé. Je voulais acquitter ma pénitence dans la solitude. Je pensais également que je serais plus puissant en tant que mythe qu’en tant qu’homme. Je ne m’étais pas trompé.
Kururo, C’était mon nom ; je m’en souviens maintenant. Mais plus tard, on m’appela Judas.Judas le traître… Je m’enfuis donc dans les montagnes pour voir de loin mon ancien squelette de guerrier se réduire lentement en poussière. Mais mon attente d’une mort imminente fut cruellement déçue : aussi las que je fus, mon enveloppe mortelle ne semblait pas vouloir s’envoler de si tôt.
Mais ne soyez pas déçus. Jadis, j’étais un homme, peut-être même un dieu, et aujourd’hui, je ne suis qu’un fantôme. Fantôme d'un archer déchu, devenu rodeur, rien de plus. Chaque minute me conduit vers la suivante et me ramène vers la précédente. Il n’y a ni fin ni commencement, seulement un instant unique, indivisible, qui ne naît pas, qui ne meurt pas.
J’ai toujours été là. Et je vois.
J’ai vu la Terre, ma Terre bien-aimée, être dévastée. Par la guerre. Par une envie de pouvoir incontrôlée. Par le gâchis irraisonné des quelques ressources convoitées par les plus fous, par le gouvernement de mon pays natal, par les pillards et par les aventuriers, qui l’ont dévorée et n’ont recraché que ses os. Dévastée surtout par les seigneurs avides de richesses, assoiffés de pouvoir. Ils s'emparèrent de tous se qui était à leurs portée au point d'en détruire la nature, leurs terre. Qui pouvait concevoir une telle chose ? Certainement pas un rodeur tel que moi...
Dans quel sens soufflera le vent dans la tempête qui s’annonce, quels espoirs vont s’évanouir, qui va l’emporter, je ne peux le deviner. Cela ne servirait à rien. Et bien que j’ai porté un nom par le passé, l’époque est révolue où sa simple évocation réduisait au silence une Gargouille ou asséchait la bouche d’un Gardien. Je ne peux plus influer sur le cours des événements à présent, même si je le voulais. Ce qui, en toute franchise, n’est pas le cas.
Mais il y a une chose que je peux faire, que je veux faire, que je dois faire. Appelons ça le dernier acte de pénitence d’un homme coupable. Je peux témoigner. Je verrai tout ce qui se passera et le noterai dans ma tête.
J’ai toujours été là.
Et je regarde..." _________________
 Le bon Guerrier a gagner la bataille avant de l'engager, le mauvais combat dans l'espoir de vaincre... |
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