
Sendarie Nouvel Age - Forum du module Role Play en ligne de Nwn2 |
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Vigdis Ogre

  Age : 32 Inscrit le : 03 Oct 2007 Messages : 59 Feuille de personnage Perso: Althea Delight
 | Sujet: Krow Stark Mar 16 Oct - 21:29 | |
| "Ici, on lance une diversion avec quelques flèches enduites d'huile et de poix. Ca mettra en branle les gusses qui campent face à la porte Sud. De là, on les entraîne jusqu'à la rivière, ici." ajouta le capitaine en traçant une ligne imaginaire avec son doigt. "Et ensuite, on donne l'assaut avec le gros de la compagnie, par là, avec les échelles, le temps de prendre la porte."
Tous autour de la table hochèrent la tête, l'idée de manoeuvre prenait forme. Seul Sulkas restait dubitatif. "Et si notre contrat prend part au combat, et se fait dézinguer ? Ou bien s'il tente de prendre la fuite ? Je vous rappelle que nous ne sommes que trois dans cette salle à savoir à quoi il ressemble. Ca fait peu pour l'identifier."
L'enthousiasme retomba, et des regards vides pesèrent de nouveau sur la carte.
Tchak !
Tous reculèrent vivement, portant la main à leur arme. Une dague vibrait en chantant, profondément enfoncée dans le parchemin et le bois, à l'emplacement qui symbolisait le donjon. Le lieutenant leva les yeux vers un des coins de la pièce plongé dans l'ombre.
"Bordel, Corbeau... C'est du sérieux, merde. Va jouer les épouvantails ailleurs."
Krow se tenait les bras croisés, adossé au chambranle de la porte qui menait vers le chemin de ronde de notre quartier de campagne. Oh, suprise, il ouvrit la bouche, mais avec l'économie de mots qui le caractérisait.
"Pas besoin de l'identifier si on sait où le trouver."
"Ah oui, gros malin. Et comment on fera pour le trouver dans la mêlée ?"
Malgré son air bravache, on pouvait lire de la curiosité mais aussi de la tension sur le visage du lieutenant. Quand Krow parlait, en général, on écoutait. Et pas parce qu'il parlait bien.
"Y sera pas dans la mêlée. On lui aura déjà mis la main dessus."
Tous se regardèrent. Le lieutenant bouillait manifestement. Le capitaine, diplomate, avança une main vers son second, lui intimant le silence.
"Vas-y Krow, explique."
"On intercepte une charette de ravitaillement. On prend la place des péquenots. On bricole un faux plancher, on planque quelques armes dedans."
"Et ensuite ?"
"On se pointe à la porte Sud un peu avant la nuit. On rentre. Comme il est trop tard pour repartir, on fait mine de poireauter dans une auberge. On attend. Trois heures avant le lever du jour, on s'introduit au pied de la tour, on zigouille en silence la garnison. On grimpe dans le donjon, on cueille le client dans son lit et on récupère l'épée et l'armure."
"Mouais. Et pour ressortir ?"
"On ressort pas. On se planque en ville en attendant l'assaut."
Sulkas intervint. "Quand ils découvriront le truc, ils vont retourner toute la ville, c'est sûr. Si l'assaut n'est pas bien coordonné, on y passe tous."
"On va se planquer où alors, génie ?" ajouta avec dédain le lieutenant.
"Dans le seul endroit où ils iront pas nous chercher." répondit Krow.
Le capitaine, les deux mains à plat sur la table, releva la tête avec un sourire dément puis souffla : "Dans la Crypte."
Des regards à la fois médusés et terrifiés se posèrent sur le capitaine. Seul Krow affichait un mince sourire. Il traversa la pièce, récupéra sa dague, la fit disparaître comme par enchantement, puis monta sur le toit.
Extrait de "Seconde Chronique des Marches d'Argent", par Auroch Fester, archiviste de la compagnie des Griffes Blanches.
Dernière édition par le Mar 30 Oct - 20:50, édité 3 fois |
|  | | Vigdis Ogre

  Age : 32 Inscrit le : 03 Oct 2007 Messages : 59 Feuille de personnage Perso: Althea Delight
 | Sujet: Re: Krow Stark Mar 30 Oct - 20:39 | |
| Extrait de "Seconde Chronique des Marches d'Argent", par Auroch Fester, archiviste de la compagnie des Griffes Blanches :
"Voila deux jours que nous tenons un siège sous une pluie battante. Les hommes sont épuisés, nous comptons plusieurs blessés, on s'enlise, au propre comme au figuré. Ca commence même à grogner, tout le monde espère qu'on va décrocher. Le lieutenant a été chargé de faire la police, mais c'est sans conviction qu'il remet les hommes au pas. Tout le monde sait bien que la compagnie n'est pas assez membrée pour emporter de force une citadelle comme celle de Xhalanta, y compris les officiers. Et le temps joue contre nous.
Le plan, qui était basé sur la surprise, s'est soldé par un échec. La diversion a effectivement fonctionné, mais quand les premiers groupes chargés de mettre en place les échelles sont sortis des sous-bois, juste avant l'aube, ils ont été accueillis par un véritable déluge de flèches. En moins de cinq minute, il a fallu organiser la retraite et redéployer les troupes.
"A croire qu'on était attendu" commentait le capitaine d'un air blasé en observant le massacre au travers de la lisière.
Effectivement, on peut se demander ce qui s'est passé. Peut-être que nos agents infiltrés se sont fait prendre. Parmi les cinq personnes qui composaient la petite équipe, seul le sergent Sulkas et Krow avaient connaissance de la totalité du plan de bataille. Mais même s'ils avaient été démasqués, capturés, torturés, ils n'auraient pas parlé en quelques heures. C'était deux gars d'une sacrée trempe, orgueilleux, et peut-être trop idéalistes pour être mercenaires. Et puis, l'imminence de l'assaut aurait constitué une idée à laquelle ils auraient pu s'accrocher. Alors quoi ? Un espion dans nos rangs ? Mais motivé par quoi ? Et comment aurait-il fait pour passer le mot ?
Cette affaire rend le capitaine soucieux, mais pas plus que le très probable échec auquel nous sommes confrontés. C'est toujours difficile de gérer un contrat en train de tourner au vinaigre... mais là, il y a autre chose. Hier au soir, il a eu une discussion avec l'observateur dépêché par notre contractant, et il en est ressorti plus que soucieux. La peur se lisait dans ses yeux. Il faut dire, l'autre, il fait vraiment froid dans le dos. Le visage plus pâle que la mort, les yeux caves, les cheveux longs et collants... on dirait un noyé. Et cette manie de faire des mystères à propos de tout..."
[Le journal s'achève définitivement sur ces mots. Quelques taches de sang maculent le bas de la page.]
Dernière édition par le Mer 31 Oct - 12:44, édité 1 fois |
|  | | Vigdis Ogre

  Age : 32 Inscrit le : 03 Oct 2007 Messages : 59 Feuille de personnage Perso: Althea Delight
 | Sujet: Re: Krow Stark Mer 31 Oct - 12:43 | |
| Voile sombre. Tache rouge. Je suis mort. Non, j'ai mal au crâne. Et si froid... Ouvre les yeux. Impossible. Ah si. Mais ça colle. Du sang ? Bordel, je pisse le sang !
Danger.
Cette lumière... Ce mal au crâne... Quoi, danger ? Oui, ça saigne. Non, y'a autre chose. Qu'est-ce que je fous là d'abord ? Au milieu d'un tas de décombres fumants ?
Danger.
Bon sang, Lara. Lara ! Père ! Je dois les trouver ! Les mettre à l'abri ! Nous devons fuir !
Mais c'est inutile. Regarde autour de toi. Il n'y a plus de danger. Il ne reste que le froid de la solitude.
Le froid. Ca y est, je me souviens. D'abord ce froid qui tombe sur les hommes comme une chape hivernale. Et cette peur à vous glacer le sang. Puis les cris, là dehors, dans les bois. Des ordres, du désordre, la douleur, l'agonie. Puis un grand silence. Et soudain, le feu et la glace qui se déchaînent sur les remparts. Inutile de combattre, je dois trouver Lara, je dois trouver Père. Et fuir cet enfer. Je cours dans un couloir de mort. La fumée et le givre me brûlent les poumons. Un énorme guerrier, le teint pâle, les cheveux raides et trempés, me fait soudain face. Une épée longue à la main. Focus. Une garde monstrueuse, qui déploie ses tentacules le long d'une lame bleutée... et un oeil noir et vitreux en son centre. Un kraken. Le Kraken. Je roule sur le côté, évitant le coup. Puis plus rien.
Non rien. Il ne reste rien.
Lara est morte. Père est mort. Tous sont morts. Je suis mort.
Ou presque. La morsure glacée du remord me rappelle que je suis en enfer. Et que la mort est une récompense. _________________ Altea Delight : "Pour dissiper l'illusion, il faut changer de perspective." Krow Stark : "Ils sont déjà morts, mais ils l'ignorent encore. Et puis y'a ceux comme moi qui savent, et qui vivent en enfer : rien à faire, impossible de crever." |
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