Alestria Feu follet
Inscrit le : 03 Mai 2007 Messages : 1
 | Sujet: Emma Mar 22 Mai - 15:07 | |
| Lathandre! Oh! Lathandre! C'est du miel qui coule du ciel! C'est un cantique qui vibre dans l'air! Et, en arabesques complexes, mes prières volent vers l'horizon doré.
Je m'appelle Emma. Je ne sais pas où je suis née, j'ignore qui étaient mes parents.
Je me souviens... Je me souviens... A Valbise... J'étais cette petite fille, fragile et apeurée, qui n'avait pas de nom. J'errais dans les rues froides et sombres de Dougan, volant quelques fruits ou galettes. Je jetais des pierres aux garçons qui se moquaient de moi. Les nuits étaient redoutables et je me cachais sous les charrettes, les mains glacées et l'angoisse au ventre. L'aube survenait. Un faible éclat de lumière, bientôt éteint par la brume et la neige... Souvent, je marchais vers l'est, attirée par ces hautes montagnes d'où surgissait parfois un soleil étincelant. Je marchais vers ce soleil prometteur, là-bas... Là-bas, sûrement, quelqu'un m'attendait!
Je grandissais... Et... Je le rencontrais... La nuit n'en finissait pas de mourir. Il se tenait à genoux, les mains croisées sur sa poitrine, et, d'une voix basse et sonore, il entonna un chant sacré. Alors, comme envoûtée, je joignis ma voix flûtée à la sienne et brusquement... le soleil, resplendissant et lumineux parut. Cet homme, déjà âgé, était prêtre de Lathandre. Son église était minuscule et ses adeptes peu nombreux, car le mal était grand et les ténèbres envahissants. Mais depuis que j'étais prés de lui, avec ma jeunesse et ma candeur, l'espoir renaissait! Il m'appela Emma et je me consacrais au culte de Lathandre.
Le temps passa... Favorable pour ma tendre vie, funeste pour mon ami. Il partit à l'aube rejoindre son dieu. Je n'avais aucune peine, je savais qu'il était heureux et je détournais mon regard. Ces merveilleuses montagnes d'où surgissaient, chaque jour, l'or et le vermeil, m'attiraient, peut être, au-delà, quelqu'un m'attendait! Emplie d'un énergie sans cesse renouvelée, il était temps de prendre la route.
Je marchais longtemps, serrant contre moi une masse, lourde et encombrante, seul rempart contre l'adversité. Après le passage d'un col, j'arrivais dans une petite ville dont le coeur battait au rythme de son port. J'allais admirer les navires de haut-bord, les grands trois mats et j'entendis parler de Mordanfell. Un île encore peu connue, vierge et sauvage. Une île de tous les possibles... Je pris le premier bateau en partance... |
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