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[BG] Alerin Estirar

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micquin
Feu follet



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MessageSujet: [BG] Alerin Estirar   Jeu 26 Juin - 2:34

Alerin s’arrête un instant de labourer le champ, il se retourne pour vérifier si les sillons sont bien droits. A quinze ans, il trace des sillons aussi droits et aussi profonds que les meilleurs fermiers du village. Un léger sourire apparaît sur son visage trempé de sueur, cette nouvelle parcelle est idéalement située à flanc de coteau. Exposée au soleil levant, les gelées tardives ne devraient pas risquer de mettre à mal les prochaines cultures.
Il se rappelle les longues discussions avec Ellewyn, le druide de Sylvanus qui refusait d’autoriser l’abattage des rares châtaigniers pourtant presque morts, sans l’intervention de Mainverte, la prêtresse de Brandobaris de la communauté halfeline proche et surtout de Hiérofal le prêtres de Chauntea, le terrain serait encore inculte, les quelques châtaignes que les gamins du village venaient ramasser ici ne valaient pourtant pas le blé qui pousserait bientôt et le pain de froment est quand même meilleur que la farine de châtaignes.

……

C’est l’heure de la pause, Alerin s’éponge le front puis rejoint les autres moissonneurs auprès de la source, là où les jeunes filles ont apporté le traditionnel casse-croûte, ce soir ce sera la grande fête des moissons, le vin et la bière couleront à flot, des couples se formeront, la nuit sera longue pour certains et des mariages seront bientôt à célébrer. Il revoit « sa » fête, sa première vraie fête, le jour où il a été admis parmi les moissonneurs, le jour de ses sept ans. Hiérofal lui avait adressé un sourire d’encouragement quand il avait pris place dans le rang, sa faux toute neuve en mains, puis, après la bénédiction d’usage, le travail avait commencé. Très vite on n’entendait plus que le crissement des faux sur le chaume, il faisait de son mieux pour tenir le rythme des autres mais par Chauntéa que cela avait été dur. Ses gestes manquaient de la précision de ceux des autres, ses coupes n’étaient pas régulières, il allait trop lentement, mais il avait serré les dents et continuer à faucher, continuer, continuer encore jusqu’à ne plus en savoir ce qu’il faisait ni où il était. Et puis soudain, devant lui plus d’épis à faucher, de l’herbe rase mais plus de blé, un moment de grand silence et, d’un seul coup, il s’était retrouvé entouré pat tous les villageois. Un lui tapait sur l’épaule, un autre le félicitait, un troisième lui donnait à boire, tous étaient là et il était maintenant l’un des leurs, la tête lui en avait tourné et il avait du s’asseoir par terre pour reprendre ses esprits.

………..

Un soir d’hiver, quand l’air sent la neige, que le vent est tombé, l e ciel d’un gris de plomb s’obscurcit plus rapidement, Alerin marche difficilement sur l’étroit sentier gelé, il suit Hiérofal pour l’assister, enfin il porte ses affaires surtout, parce qu’il ne connaît encore pas grand chose aux soins à donner à une malade. Comment en est-il arrivé là ? Il n’a pas encore assimilé le fait qu’il ait rejoint la communauté des prêtres de Chauntéa. Il revoit ce soir de malheur où le père gisait sur le lit des parents, la hanche brisée par une ruade de la jument, Hiérofal lui prodiguant ses soins, essayant tout ce qu’il connaissait pour le sauver, puis se relevant, le regard profondément attristé. Tous avaient compris, sauf lui. Le père ne se relèverait plus jamais, plus jamais il ne conduirait la charrette, plus jamais il ne labourerait ou moissonnerait. L’idée même que son père ne soit plus le pilier de leur famille, qu’il ne puisse plus les protéger, les nourrir, leur apprendre le métier de paysan, cette idée là avait été longue à admettre pour le gamin de douze ans qu’il était. Quand il avait enfin compris et admis, il avait passé une nuit entière éveillé, incapable de dormir tant la révolte contre une telle injustice l’en empêchait, puis, au matin, il avait s’était fait la promesse solennelle de lutter toute sa vie contre les accidents, les maladies, tout ce qui apportait le malheur dans leur village et dans leurs familles. Dans la journée il était allé trouver Hiérofal et lui avait demandé comment il pourrait faire pour tenir cette promesse. Celui-ci l’avait regardé un moment avec un grand sourire et lui avait simplement dit : « Bienvenue dans notre clergé mon enfant ». Et il était là, six ans plus tard, glissant à chaque pas ou presque, enfin admis comme novice, effectuant sa première mission au service de la Déesse.

………………

Les pommiers centenaires qui faisaient la fierté du village avaient été les premiers atteints. Puis les cognassiers dont les fruits faisaient de si bonnes confitures avaient dépéri à leur tour.
En l’espace de un à deux ans presque tous les arbres fruitiers avaient subi le même sort.
L’année suivante le seigle, l’orge, le blé même étaient touchés eux aussi.
Ni lui, ni Hiérofal, ni les druides, ni personne ne comprenait ce qui arrivait.
La famine n’était pas encore là, grâce aux réserves accumulées mais elle ne tarderait plus.
Les villageois parlaient à voix basse d’une malédiction.
On commençait à rechercher un bouc émissaire, la violence ne tarderait plus elle aussi.
Pourtant ce n’était pas faute de prières, ce n’était pas faute de bénédictions de sa part, ni de manque de sortilèges divers des druides.
L’eau avait été purifiée, les sols consacrés plutôt trois fois qu’une.
Rien n’y avait fait, les feuilles, les tiges, les fleurs même se recroquevillaient peu à peu, se flétrissaient et finissaient par tomber.
Du secours avait été recherché auprès du grand temple de Chauntéa, des bosquets des druides de la région, des autorités civiles de la ville, personne n’avait réussi à résoudre le problème.
Le village courait vers sa disparition.
Et sans doute cette malédiction ou maladie ou quoique ce soit ne s’arrêterait pas là, elle s’étendrait progressivement à la région, à Faerune tout entière même peut être.


……………..

Alerin venait de débarquer du bateau, il regardait la cité où il était arrivé : Galaen était son nom et Mordanfell celui de l’île où elle se trouvait, trouverait-il ici ce qu’il n’avait encore trouvé nulle part ?
Plus d’une année s’était écoulée depuis que lui et trois autres jeunes prêtres avaient été envoyés parcourir le monde à la recherche d’une solution ou d’un simple indice qui permettrait de comprendre, de lutter et qui sait de guérir de cette abomination.
A force de demander, de quémander du secours, de voyager par tous les temps en des lieux inconnus, lui qui n’avait quitté son village qu’une seule fois le jour de son entrée officielle dans son clergé, il avait un peu perdu de sa timidité et de son allure de paysan mal dégrossi, gagné en assurance et en robustesse, appris à se battre une arme à la main et à porter une armure. Une seule chose n’avait pas changé en lui, sa foi en Chauntéa et la certitude qu’il trouverait un remède.
L’île paraissait assez sauvage et la ville récente, il adressa une prière silencieuse à sa Déesse et partit à la découverte de ce nouvel endroit.
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[BG] Alerin Estirar

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